Birmanie, pagodes et distractions

Par Charlayeur • 15 mai 2008 • Categorie: Carnet de voyage

Parti de Monywa, Au Nord-Ouest de Mandalay, je suis arrivé le 28 mars à Bagan, l’ancienne capitale de la Birmanie.

29 mars 2004

Je vais au marché, tôt le matin après mon petit déjeuner. J’achète une grappe de bananes que je négocie 200 kyats au lieu de 400k (1). Puis je me rends dans cette minuscule échoppe ou il est apparemment possible d’envoyer des emails (2). Elle est ouverte, mais je vais pourtant mettre un bon quart d’heure à trouver le responsable. C’est d’ailleurs la femme qui tient le « magasin » d’à côté qui ira le chercher et le ramener comme un enfant qui a fait une bêtise. Elle tient une petite cabane en bois de deux mètres sur deux, où les gens viennent téléphoner lorsqu’ils n’ont pas le téléphone chez eux.

Une fois l’ordinateur du « cybercafé » allumé l’ordinateur, je m’assois, commence à écrire et remarque la présence de l’homme derrière moi. Il surveille ce que j’écris bien qu’il ne parle pas français. Je n’ai pas pu envoyer d’email depuis mon arrivée en Birmanie, il y a dix jours de cela. J’écris donc en priorité à maman et papa qui doivent commencer à s’inquiéter, depuis la boite email du responsable du magasin. Ils recevront donc un email d’un inconnu. A mi-parcours l’homme me demande : « Ok ? » comme s’il me demandait si tout allait bien. Je lui réponds « Ok ! » et sans que j’ai le temps de comprendre, il s’empart de la souris et envoie mon email inachevé. On s’est évidemment mal compris, mais après cinq minutes d’explications, il me laisse écrire à nouveau et terminer mon message. Je le paye 1000k et je rentre à ma guesthouse me reposer de cette épuisante matinée. Fidèle à elle-même, la saison sèche annonce déjà une journée des plus chaude. Je reste scotché sur mon lit à lire « Le tableau du Maître Flamand » d’Arturo Perez Reverte.

Puis vers 16h00, quand la température extérieure devient plus supportable et qu’une légère brise chaude se lève, je pars visiter Schwezigon Paya, une des plus vieille pagode de Bagan. Je m’écarte du chemin normal et j’arrive près de petits quartiers où résident des villageois dans des maisons sur pilotis, sûrement très utiles pendant les périodes de moussons. Je rencontre un jeune birman en vélo qui m’amène visiter un petit temple perdu entre de grands arbres et des hautes herbes épineuses, près d’un monastère. De jeunes moines d’une dizaine d’années nous accompagnent, ainsi qu’un autre jeune birman qui me guide dans les escaliers du temple, plongés dans l’obscurité totale. Ous assistons à un superbe coucher de soleil, avec une vue magnifique sur le Vieux Bagan. Je prends mes compagnons en photo avec mon petit appareil numérique ; ils sont épatés de se voir sur le petit écran. Du coup ils m’amènent voir un autre temple, puis me font descendre au bord de la rivière et enfin je les quitte avec de grands sourires, un « cezubeh » (merci) et un « tata » (au revoir) de rigueur.

 

Birmans_Bagan.jpg

En revenant à la guesthouse je suis finalement content de ne pas avoir perdu ma journée. Le soir je mange au Winter Restaurant grâce au serveur qui m’a agrippé le bras à mon passage pour me montrer le menu au milieu de la rue. Je mange bien et je parle un moment avec ce même serveur qui finit par me raconter des histoires cochonnes qu’il a eu avec des touristes thailandaises. Et il n’en est pas peu fier le bougre…

Puis je vais me coucher tôt, vers 20h00 et je me réveille à 22h00 avec une soif terrible. Je me rend à l’accueil pour acheter une bouteille d’eau bien fraîche puis je m’installe dans le canapé, près de trois locaux qui regarde un match de foot : Arsenal contre Machester United.Je reconnais que c’est un beau match, d’autant que Henri vient de marquer contre Manchester. Je vois aussi Pires et Vieira… Ca me rappelle la Coupe du Monde 98 que j’avais suivi depuis Londres. Sauf que là les joueurs français jouent dans des équipes anglaises, et qu’au lieu d’être dans un pub anglais avec une bonne bière, je suis installé dans un fauteuil en Birmanie avec une bouteille d’eau glacée entre les jambes.

30 mars 2004

Petit déjeuner à 8h00. Thé, œufs brouillés, toasts, beignets pré-découpés, pois chiches froids, papaye, ananas, la total quoi ! mais on s’habitue vite. 9h00 je vais au marché m’acheter un petit encas pour midi, je loue un vélo et je pars en direction du Vieux Bagan en empruntant la Anawratha Road, du nom du roi qui a régné sur Bagan entre 1044 et 1077). D’après ce que l’on a pu me dire, cette route est interdite aux carrioles et aux rickshaws, c’est une voie express construite pour que les véhicules « gouvernementaux » puissent se déplacer rapidement. Mais ça ira, je pédale vite !

Je vais m’arrêter dans de nombreux petits temples et pagodes en briques en bord de route. J’ai eu peur en début de parcours lorsqu’un bus de japonais a fait éruption dans un temple que je visitais. J’ai bien cru qu’ils allaient me suivre toute la journée. Mais heureusement les japonais en vacances, restent des japonais en vacances. Ok je caricaturise peut-être mais le fait est qu’ils sont restés cinq minutes et qu’ils sont volatilisés avec leur bus juste après… sûrement devaient-ils être de retour le soir à Rangoon pour prendre un vol pour Moscou et se prendre en photo devant la Pace Rouge ? C’est du moins ce que j’ai pensé sur le coup et je ne les ai jamais revu !

Parfois je m’écartais de la route et me rendais dans des petits temples perdus, par des chemins caillouteux et poussiéreux à travers champs. Plusieurs fois je me suis fais des frayeur en pénétrant à l’intérieur et en cherchant, non sans difficultés, les escaliers qui menaient en hauts des édifices. La plupart du temps je gravissais les marches à tâtons, dans le noir total, e priant Boudha pour qu’il n’ait pas mis de rats ou de serpents sur mon passage. Je n’ai finalement eu aucun problème de ce goût-là.

De temps, en Birmanie, on trouve des petites stations d’eau sur les bords de route : une ou deux cruches en terre cuite recouverte d’un couvercle, installée à hauteur d’épaule et protégées par un petit toit en bois. L’eau contenue est très fraîche et je me suis arrêté vers 14H00, le moment le plus chaud de la journée, pour me verser de l’eau sur la tête. J’ai bien cru que j’allais être hydrocuté tellement le choc a été violent… Il devait faire aux alentours de 40°C.

 

Vieux_Bagan.jpg

Le pire était d’enlever ses tongues, par respect pour les monuments et la religion, pour gravir certaines pagodes par l’extérieur. Les briques en plein soleil étaient devenues brûlantes, tellement brûlantes que j’avais l’impression d’avoir une poussée de fièvre à chaque fois que je posais un pied dessus.

Vers 14h30, heureux de croiser un petit restaurant, je m’arrête pour commander un plat de nouilles sautées et un jus de papaye. Je discute avec le patron, qui finit par sortir sa guitare et à me jouer quelques morceaux. J’essaye aussi de lui montrer quelques morceaux, mais en vain, je ne me souviens de rien.

Birman_guitare.jpg

Je repars vers 16h00, je roule tranquillement jusqu’à la guesthouse en prenant cette fois-ci l’ancienne route de Bagan à Nyang U. Je m’arrête deux ou trois fois pour visiter de nouvelles pagodes. Et j’arrive à destination à 17h00, complètement épuisé.

Je réserve, à l’accueil, une place dans le bus d’après demain à destination de NyangShwe, sur la rive du Lac Inle.

Le soir je mange une salade de riz aux cacahuètes accompagnée d’un thé vert dans un restaurant local. Je me couche tôt.

 

 

(1) 1€ = 900kyats (taux en 2004, non officiel mais pourtant pratiqué)

(2) Il m’a été impossible d’envoyer des emails depuis que je suis arrivé en Birmanie. De nombreux sites étaient censurés, notamment Yahoo et Hotmail.

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