Salsa Mexico

Par Charlayeur • 4 janvier 2008 • Categorie: Carnet de voyage

Début juin, deux amis parisiens, Manu et Hugues, m’ont rejoint à Ho Chi Min pour une remontée vers Hanoi pendant un mois complet. Après ce mois de juin exceptionnel, je quitte le Vietnam pour le Mexique avec 2 jours de transit à Bangkok.

Tout change ce jour ou je décolle de Bangkok. Je viens d’y passer deux jours après avoir laissé Hugues au Viet Anh Hotel de Hanoi, et après avoir vu l’avion de Manu décoller pour Paris. Une heure plus tard je décollais à mon tour d’Hanoi avec Vietnam Airlines après que l’on m’ait assuré que mon sac serait automatiquement transféré à Los Angeles Airport sur mon vol pour Mexico City (ca va vous suivez ?). C’était le 2 juillet 2004 à 8h00.

2 juillet 2004

Je suis arrivé il y a deux jours à Bangkok et j’ai passé mon temps à essayer de trouver comment j’allais dépenser l’argent qu’il me restait sur le continent asiatique. Il me reste des Bahts thaïlandais, mais surtout des Dongs vietnamiens qu’aucune banque ici ne veut m’échanger. Je finis par m’acheter du dentifrice, du savon, du shampoing, 2 t-shirt dont un faux vespas vert et un tout rouge avec une grosse croix jaune au milieu, une petite veste marron, un lecteur CD MP3 à 30$ et une montre jaune qui fait de la lumière.

Le soir, alors que je dévore une dorade grillée au barbecue à Rambuttri Village, je rencontre un français. On discute, on va prendre quelques verres, il va bientôt au Vietnam, je lui refile mes Dongs… ouf ! Je vais le coucher à 2h00 du matin à MyHouse Guesthouse. La mauvaise nouvelle c’est qu’aujourd’hui je me lève à 4h30 pour prendre ma navette à 5h00 direction l’aéroport. Réveil et trajet difficile parce qu’on à quand même descendu quelques bières hier soir.

Résumé du trajet avion depuis le Vietnam :

Hanoi-Bangkok / Escale 2 jours / Bangkok-Osaka(Japon)/ Transit 1h30 / Osaka-Los Angeles / Transit 1h00 / Los Angeles-Mexico City. 17h00 de vol entre Bangkok et Mexico City.

Le même jour :

Bienvenue à Mexico City.Airport. Il est 20h00, la nuit tombe, je passe les contrôles de douane, change 50 euros en pesos et saute dans un taxi, qui ressemble plus à une voiture officielle qu’on voit dans les films : énorme 4×4 noir, vitres tintées, 6 places à l’arrière, un coffre dans lequel on pourrait rentrer une 4L… Un membre du personnel de l’aéroport à qui j’ai demandé ou je pouvais prendre le métro ou un taxi, m’avait conseillé un taxi officiel à cette heure tardive… Un américain monte avec moi, il connaît l’adresse d’un hôtel derrière la cathédrale de la place Zocalo. Ca tombe bien je savais pas du tout ou j’allais dormir ce soir. 15$ la chambre, ou plutôt le lit superposé dans un dortoir de 6. Forcément quand on arrive d’Asie ça fait mal ! 20h30 je sors manger avec l’américain (qui est de passage pour aller prendre des cours d’espagnol à Oaxaca). On marche 20 minutes avant de trouver ce qu’on cherchait : un vendeur de tacos… Youpi mes premiers vrais tacos mexicains, accoudé au comptoir du petit resto sur le trottoir et surtout avec guacamole à volonté. Ca le fait bien. Retour à l’hôtel et dodo.

3 juillet 2004

Cette nuit un belge est arrivé et s’est couché sur le lit au dessus du mien. Réveil vers 8h00, je fais la connaissance de deux allemands dont j’ai oublié les noms. On se retrouve en bas pour le petit dej (à volonté et inclus dans les 15$ quand même). Se joint à nous Zina, une allemande très jolie et très sympa. Les trois allemands vont faire du shopping. Je les accompagne, il faut que je m’achète un guide car aucun voyageur ici n’a l’air de vouloir se séparer du sien. Les deux allemands partent ce soir pour Puerto Escondido. Après le Mexique ils passeront deux mois au Costa Rica. Zina, elle, part demain pour le Brésil et l’Argentine. J’achète mon guide 40$ et mon porte-monnaie m’annonce qu’il ne veut plus me parler… bon !

De retour à l’hôtel, Zina me propose de l’accompagner ce soir, elle et une française-néerlandaise qu’elle a rencontré ici, au Mama Rumba, un club de Salsa. Euh… j’vais réfléchir… bon ok !

Je monte dans mon dortoir où je fais enfin la connaissance de Ian, le belge : cheveux courts, petites lunettes rondes, posture droite et raide, travaille à Los Angeles dans « l’économie » et je découvre très vite son côté sarcastique et son humour plus noir encore que mes t-shirts sales. On discute un brin, il est 17h30 et à 18h00, comme tous les soirs, l’immense drapeau de la place Zocalo est abaissé. Une sorte de cérémonie que Ian ne veut pas manquer. Je l’accompagne… ahhh pas de chance, ils l’ont déjà enlevé un peu plus tôt. Un homme nous confirme qu’il sera remonté demain matin à 7h00.

La place est immense pleine d’affiches de revendications diverses à l’est, de magasins à l’ouest, et d’une cathédrale au nord qui abrite un petit marché sur sa droite. Il y a une scène où se succèdent des mini concerts au milieu de la place, des étudiants déguisés en costumes d’époque reproduisent des danses mayas, et touristes et locaux, les yeux grands ouverts, le sourire de circonstance, se croisent et se recroisent, l’appareil photo dans une main et un tacos dans l’autre. Quel moment d’immense bonheur !

Mais… une seconde… quelque chose cloche ! On ne serait pas dans l’une des plus grande ville du monde qui compte également parmi les plus polluées et les plus dangereuses ? Si, mais le quartier de la Cathédrale, se situe pile au centre de cette immense ville, et ici tout est fait pour que tout le monde se sente bien : les places, les rues, les trottoirs, les magasins, les lampadaires… tout est nickel, les voitures de police patrouillent sans cesse. Sécurité maximale, confort maximal et prix maximum. MacDonald et Burger King, même KFC sont présents mais on ne les voit pas : on leur a interdit, d’après ce qu’on m’a dit, de placer leur enseigne en évidence. Par contre, on les sent toujours autant. Ca ça ne change pas.

Au centre de Mexico City tout doit avoir l’air d’époque, propre, solide et sûr. Mission réussie !

On retourne à l’hôtel et on se commande une bière. Une Corona donc. Dans ces Youth Hostel il y a un gros inconvénient, c’est le nombre incalculable de touristes, en général jeunes, mais le gros avantage c’est qu’on rencontre très facilement du monde. Il n’y a que deux chaises de libres pour s’asseoir à la table de… Lluc, un espagnol qui accepte chaleureusement notre présence. Il ne parle pas bien anglais, et je dois m’améliorer en espagnol : on va bien s’entendre. Lluc, professeur d’éducation physique à Ménorque en Espagne, voyage pendant deux mois, a déjà passé une semaine à New York, vient d’arriver à Mexico et a l’intention de se faire une petite virée jusqu’au Guatemala. On discute puis un mexicain se mêle à la discussion, la quarantaine, pale français, donc il me parle, il me parle même longtemps, jusqu’à ce que Ian me fasse remarquer que dans l’hypothèse que l’éventuelle possibilité s’avère vraie (il parle comme ça Ian), il est probable que les deux demoiselles de la table d’à côté soient celles avec qui j’ai rendez-vous. Merci Ian, t’as visé juste. Voici donc Zina, et Sandra, jolie, intelligente,drôle, parle français et néerlandais, et anglais, et puis espagnol aussi… et allemand. Je la soupçonne de prendre des cours de suédois en cachette. Allez, je suis grand prince, je propose à Ian et Lluc de nous accompagner au club de salsa… l’Europe en mouvement !

Le mexicain nous accompagne pour manger, mais vu qu’il veut prendre une commission en nous emmenant dans le resto d’un pote, on le lâche vite et on se fait des tacos au coin d’une rue. Puis direction le Marumba Mama Club. Une heure de marche, 6$ l’entrée, toutes les tables sont réservées on doit rester debout au comptoir, tous les mecs sauf Lluc, Ian et moi savent danser la salsa… Merci Zina ! En plus elle nous apprend subtilement que si elle part en Argentine le lendemain c’est pour rejoindre son nouveau petit ami qui a cinq ans de moins qu’elle…. Pffffffff bon on picole ou quoi ? Ah ben non c’est trop cher… bon Zina tes plans tu te les garderas pour toi la prochaine fois… si on se revoit un jour.

La soirée se passe tranquillement, on boit quand même quelques bières, Zina danse avec tous les mexicains, sandra essaye avec un et revient dégoûtée pas son haleine. Lluc essaye de danser avec Zina, pas terrible, puis c’est au tour de Ian accompagné de toute sa raideur, ça a du style, enfin vient mon tour… allez je peux y arriver ! Je suis  grimpé à 5400 mètres d’altitude au Népal, marché pied nus dans un temple infesté de rats en Inde, vécu des karaokés dans des bus birmans, trempé mes mains dans de la crotte d’éléphant en Thaïlande, mangé des insectes au Laos, fait la course sur une vieille moto russe dans les montagnes du nord du Vietnam, alors si après ça je suis pas capable de danser la salsa en tongues avec une allemande dans un club au Mexique, c’est que j’ai vraiment plus rien dans le cornichon. Allez je me lance… et merde, j’y arrive pas ! Bon ma cavalière est sympa, elle m’explique, j’y arrive un peu, mais c’est pas la gloire et je sens qu’elle est contente quand la musique s’arrête au bout de cinq minutes. Bon, je m’en fous, je vais parler avec Sandra après avoir surmonté les compliments de Ian. J’ai un peu de mal à communiquer avec Lluc, barrière de la langue et musique trop forte, mais on finit par se comprendre quand même.

Minuit, on s’en va, je sors le dernier après qu’un mexicain, jeune, musclé, beau qui a dansé pendant deux heures avec notre allemande me serre la main et lui fasse un clin d’œil… bon ben ça va oui !

On prend un taxi. Le chauffeur conduit allongé, le siège complètement en arrière. Sûrement pour éviter les balles perdues qui circulent la nuit. Cependant, même Ian qui a toujours réponse à tout n’a aucune idée de comment le chauffeur peut voir la route. Il peut en tout et pour tout la deviner, mais la voir, aucune chance.

On arrive vivant à l’hôtel, un gardien nous ouvre la grille de sécurité, on monte, Ian propose à Zina et Sandra de venir dormir dans notre chambre, personne ne trouve ça drôle, Lluc n’a pas compris et les deux filles font semblant de ne pas comprendre… petite gêne de trois secondes un peu trop longues à mon goût, je simule (mal) un éclat de rire, je prend Ian par le bras et dit bonne nuit à tout le monde… ouf on a le droit à un dernier sourire. Bonne nuit.

 

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