Un lapin pour des livres
Par Charlayeur • 26 novembre 2007 • Categorie: Carnet de voyage(10 novembre 2006 - Madagascar)
Avant de partir à Madagascar, Élodie nous avait confié dix kilos de livres scolaires à remettre à une école démunie sur notre route..
En arrivant à Tananomby il y a deux jours, nous pensions trouver une petite école, en manque de livres scolaires. Il n’en est rien ! A la place nous découvrons environs deux cents enfants, d’ici et des villages proches, avec un instituteur pour chaque classe et une bibliothèque pleine à craquer de bouquins divers (scolaires, romans, BD, etc.). Ils ont été entassés ici depuis quelques années et ne servent pratiquement pas.

Nous décidons alors d’aller déposer nos livres dans une autre école. Aujourd’hui nous partons donc pour une petite marche de 2 heures vers un village (dont le nom m’a échappé), guidés par Jean-Aimé, un malgache de Tananomby.
7h00, c’est le départ, on quitte Tananomby par le nord. Jean-Aimé aime bien taper la discute quand il marche. il parle donc, et nous écoutons ses nombreuses histoires alors que nous coupons à travers les collines souvent asséchées voire noircies par la culture sur brûlis.

En chemin, une femme nous appelle depuis la fenêtre de sa maison. Elle souhaite s’entretenir avec Jean-Aimé au sujet de la fabrication, à Tananomby, de poêles économes, dont elle a entendu parlé, et est ravie d’accueillir deux étrangers dans sa demeure. Nous restons 15 minutes dans son salon, et cela sera suffisant pour qu’elle nous offre un lapin. vivant. Malgré la pauvreté des familles malgaches, et spécialement dans cette région que la sécheresse n’épargne pas en ce moment, les gens restent accueillants et généreux.

Nous reprenons la route, illustrée par les contes de Jean-Aimé, traversons à nouveaux des collines, puis des rizières dans une petite vallée depuis laquelle nous apercevons le village où nous nous rendons. La terre est rouge, et le village est surplombé par une haute colline rocailleuse en haut de laquelle est perchée notre école.

La montée est difficile. Ce ne sont pas tant les livres qui sont lourds, mais le soleil qui cogne dur et qui rend la tâche plus douloureuse. Arrivés en haut, nous nous asseyons sur un caillou avant de franchir les quelques derniers mètres qui nous séparent de l’école. D’ici nous dominons le village, et la vallée recouverte du tapis vert des champs de riz.
Le souffle repris, nous entrons dans la cour de l’école ou le drapeau malgache ne fait pas de vagues, bien que perché en haut d’un mat de 3 mètres. Un petit bâtiment aux murs blancs et aux volets bleus nous fait face. Quelques enfants se ruent aux fenêtres, agités par notre soudaine apparition. Jean-Aimé rentre le premier dans une des deux salles de classe ou se trouve l’institutrice. Nous entrons à notre tour et les enfants crient. nous les intriguons.

Jean-Aimé explique en malgache à l’institutrice que nous sommes venus lui apporter des livres scolaires. Pendant ce temps j’observe au tableau, la représentation schématique d’une carte des villages environs en guise de cours de géographie. L’institutrice semble très contente malgré les traits fatigués de son visage.
Elle nous explique cependant la situation actuelle de l’école :
Il y a deux classes et normalement deux instituteurs. Mais l’autre instituteur est malade depuis deux mois et elle se retrouve à devoir gérer les trente élèves à elle seule. De plus, elle a une maladie qui l’oblige à se rendre chez un médecin un jour par semaine, ou il n’y a donc pas école. L’autre souci majeur est le manque de craie, de stylos et de papier. Il est également difficile de gérer les absences trop nombreuses des enfants.
Autant dire que cette école est vraiment délaissée dans la région.
Une fois les enfants assagis et avant de repartir, nous prenons une petite photo de classe que nous ne manquons pas de montrer à tout le monde sur l’écran de nos appareils photo numériques. ça fait toujours bon effet !


(Emmanuel avec les enfants de l’école)
Jean-Aimé nous fait emprunter un autre chemin pour le retour. Il connaît parfaitement la région et ses raccourcis. En arrivant à Tananomby, on nous sert, en guise de déjeuner, le lapin qui nous avait été offert et que quelqu’un était venu livrer à notre attention. délicieux.
(pages 31 et 32 du Carnet d’Mada)




Bonjour!
Nous souhaitons rejoindre le village de Tananomby en juillet prochain.
Nous avons envoyer un mail à l’association réunionnaise qui aide le village mais pas de réponse…. et on a trouvé un n° de téléphone (sur le forum du routard) pour les joindre à Tananomby mais il semble erroné…
Auriez-vous un numéro à nous communiquer ?
Merci d’avance!
Lisa
lisagrimaud@netcourrier.com
répondu par email !